Le COVID-19 et nos jeunes

La pandémie de COVID-19 est difficile à vivre pour tout le monde. Mais nous — Droit à l'Ecole — ne lâchons pas pour autant les jeunes dont notre association s'occupe. Dès le 9 mars, avant la première allocution du Président de la République, chaque prof’ bénévole a expliqué aux jeunes ce qu’étaient une épidémie et une pandémie, pourquoi il fallait prendre des précautions, quels étaient les gestes barrières etc.

Le virus se propage par les gouttelettes de projection (toux, éternuement, salive) qui vont se déposer un peu partout. D’où l’impérative nécessité de se tenir à distance, de ne pas se serrer la main, de se protéger le visage et de se laver les mains régulièrement.

Nous nous sommes installés dans nos nouveaux locaux à Ground Control près de la gare de Lyon, début janvier. Après un démarrage sur les chapeaux de roue un peu stressant, les questions de logistique et d’organisation des cours commençaient à se résoudre. Tout promettait de bien fonctionner. Et le virus est arrivé. Et Ground Control a fermé.

Nous nous sommes très vite mobilisés

Des réunions se sont organisées.
Réunion de bureau pour commencer. Et réunions virtuelles par Zoom Meeting ensuite.

Samedi 14 mars à 14h puis à 21h et dimanche à 15h30 pour réfléchir et trouver ensemble des solutions pratiques pour continuer à suivre les jeunes et à leur faire faire du français et des maths. Et le mardi 17 dans la soirée pour faire le point.

La méthode de travail

La méthode de travail retenue : faire des groupes de 6 jeunes de niveau équivalent. Leur attribuer un prof de français et un prof de math qui fonctionneront en binôme. Au moins deux fois 1h30 par semaine dans chaque matière. Chaque prof fixe son horaire.

En dehors des cours, chaque prof suit plus particulièrement 3 jeunes pour prendre des nouvelles régulièrement et leur remonter le moral.

Les cours se font sur Zoom. L’appli est gratuite (pour des sessions de moins de 40 minutes).
Avec Zoom, on peut partager son écran, écrire et dessiner sur un tableau, faire lire les élèves sur un document ou une photo qu’on partage et plus encore. Les bénévoles communiquent avec les jeunes entre les cours par Whats’app.

La méthode semble avoir son efficacité mais elle n’est pas simple à mettre en œuvre.

Il faut tout d’abord s’assurer que les jeunes disposent de l’équipement nécessaire. Il faut les contacter un par un, contacter leurs hébergeurs, et de manière générale, vérifier qu’ils ont accès à Internet sur un Smartphone ou autrement.
Plusieurs d’entre eux ont reçu du matériel de Droit à l’Ecole.

Il faut ensuite expliquer à chacun, à nouveau, les précautions et gestes barrière d’une part et la manière dont les choses vont se dérouler tout au long de la période de confinement. Et pour les non francophones, c’est une autre barrière que cette fois il faut franchir.

Se pose aussi la question de l’organisation entre les bénévoles. Qui appelle qui, qui est en binôme avec qui ! Mais cela va se résoudre assez vite grâce aux échanges sur le Slack, notre messagerie interne.

Des propositions surgissent sur le Slack comme emmener des petits groupes de jeunes au bois de Vincennes pour faire du foot. Ce qui suscite des discussions : est-ce bien raisonnable de se retrouver en groupe alors que la distance, le confinement même partiel, est recommandé. Les nouvelles de Chine le prouvent.

Dimanche 15 mars, nouvelle réunion virtuelle. Merci Zoom.

“Il est important de ne pas envoyer de messages contradictoires aux jeunes. La priorité est de s’assurer que tous ont WhatsApp et de quoi se connecter. Si on se déplace pour les voir, de visu, c’est uniquement pour leur remettre un téléphone ou un ordinateur, pas pour faire un foot !” tranche le Président de l’association. On verra comment la situation évolue.
En tant qu’association, on se doit de respecter les consignes sanitaires. Nous avons le devoir de n’exposer ni les bénévoles ni les jeunes. Il nous faut donc limiter les déplacements et les regroupements, autant que faire se peut.

Lundi 16 mars
Des prof’ bénévoles ont lancé des cours dès lundi matin, d’autres s’apprêtent à le faire lundi après-midi. On pourra s’appuyer sur leur retour d’expérience.

Premier retour :

“Je viens de terminer ma session de français sur ZOOM”. Ça s’est passé en solo avec un seul jeune ! Un autre n’a pas réussi à ouvrir Zoom et un troisième n’a pas répondu au téléphone. M* a dit qu’il changeait de mobile ce soir, B* n’a pas retrouvé les liens qu’on lui a envoyés pour se connecter. Il ira chercher de l’aide ce soir.

Autre retour : A* dit avoir Internet, Whats’app et un ordinateur à sa disposition grâce à son hébergeuse. Mais là, un autre problème se pose : dans ce foyer il y a deux enfants avec du travail scolaire et deux adultes et A*. Il faut gérer le planning d’occupation de l’ordinateur…

Tout cela n’a rien d’inquiétant. On s’y attendait un peu. Il faut que les choses se mettent en place !

Mardi 17 mars
Lundi soir l’annonce du confinement est faite. Certains jeunes sont chez des hébergeurs qui leur expliquent en quoi consiste le confinement. Mais d’autres ne sont pas hébergés par des familles. Ils vont donc circuler en ville… Il leur faut la fameuse attestation. Heureusement, on peut aussi la recopier à la main. Mais il faut leur expliquer.

Encore des retours d’expérience :

“Ça s’est bien passé avec mes trois jeunes”. D* avait des soucis techniques, il n’avait pas le son ! B* est apparu a dit bonjour puis a disparu. On recense 4 jeunes dont on n’a pas de nouvelles. “C’est la galère ! Les jeunes ne répondent pas…” et 3 jeunes n’ont toujours pas d’Internet.

Une prof’ bénévole raconte :

“Il ont été super ! Ils ont bien joué le jeu car à un moment mon ordi a planté, je leur ai envoyé un SMS pour leur dire d’attendre et ils étaient tous là 10 minutes plus tard ! J’ai tenu 1h30.”
Dans la soirée, nouvelle réunion des bénévoles pour faire le point technique, logistique et psychologique.

Mais les jeunes doivent aussi manger. Ils allaient généralement aux Midi-du-MIE, à Couronnes. On annonce : “distribution de nourriture Porte de la Villette le midi.”

Comment faire avec le confinement ?

Une nouvelle réunion est programmée pour samedi 21.

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